Le dehors, l’impossible et moi
Un calendrier intellectuel
Responsable de l’émission : Nicolas Lévesque
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Chaque mois, un intellectuel différent (psychanalyste, sociologue, philosophe, artiste, écrivain, etc.) se laissera habiter, envahir par le monde extérieur — dans le sens le plus indéfini du terme. À la fin du mois qui lui a été attribué, il (ou elle) transformera en lui-même, puis dans la parole, ce dehors auquel il aura offert son hospitalité. Depuis le silence, une voix surgira, seule avec le micro et ses fantômes. L’espace public, pour nommer celui-là, aura peut-être ainsi la chance d’être interprété à nouveau, retraduit, avec un délai, en après-coup.

Le style singulier de chacun aura le champ libre, une aire de jeu où s’exercer, à l’intérieur d’une période d’environ vingt minutes. L’auditeur sera le témoin de ces métamorphoses de l’air ambiant, de ces êtres qui tentent de s’approprier l’altérité qui les entoure, les constitue et, parfois, les possède.

Juin 2008
selon Pierre Nepveu (23 min 42 sec ; 21,7 Mo)

« ... avec le temps, sur le plan du vécu aussi bien que de la démarche intellectuelle, j'en suis venu à me considérer de plus en plus comme un métis et à me reconnaître dans les modèles identitaires métissés et je pense que ce que dit Gérard Bouchard et ce que dit la Commission Bouchard-Taylor a quelque chose à voir avec cette identité métisse... l'affirmation la plus importante, pour moi, (est celle) qui dit que l'acceptation de l'interculturalisme suppose que tant les membres de la majorité que ceux des minorités ethnoculturelles acceptent que leur culture sorte transformée à plus ou moins long terme par le jeu des interractions ... »

Mars 2008
selon Elsa Laflamme (17 min 36 secondes ; 16,2 Mo)

« ... ce qui m'interpelle, me mobilise et me questionne dans l'événement, c'est la force de frappe qu'il constitue. Une fracture, personnelle ou collective, intime ou historique. L'événement tient de l'effraction, il est la secousse à laquelle on ne saurait échapper, physiquement ou psychiquement... enfant déjà, j'étais avide de récits de guerre, fascinée par la vie d'Anne Franck... je pleurais chaque 11 novembre en entendant les anciens combattants témoigner aux nouvelles de dix-huit heures... »

Février 2008
selon Pierre Ouellet  (18 min 23 sec ; 16,9 Mo)

« ... j'écoute le journal télévisé pour voir comment l'histoire s'absente de jour en jour et nous laisse là, sur la rive du petit écran, au bord de l'image, hors champ, abandonnés à nous-mêmes, dans la non-histoire de nos vies, où la Grande Histoire s'accroche les pieds puis tombe et s'évanouit, les Grands récits finissent en petites chansons, en ritournelles, en rigodons : les petits airs qu'on siffle avant de s'endormir... la solitude est notre seule actualité. Elle est la virtualité de l'Histoire, la possibilité du temps par-delà le temps. Je m'en remets à elle. Elle perce tous les écrans... »

Janvier 2008
selon Olivier Kemeid (durée indéterminée)

« ... document à venir... »

Décembe 2007
selon Nicolas Lévesque (49,4 Mo ; 53 min 55 s)

Un éditorial spécial (de double durée) qui tente de faire le point sur l'émission Le dehors, l'impossible et moi, de réfléchir à partir de ce work in progress — un exercice qui conduit vers des considérations plus larges sur le style, sur l'engagement, sur notre époque et la poésie sans héritage de Ron Fournier.

Novembre 2007
selon Martine Delvaux (16,8 Mo ; 18 min 24 s)

« ... j'ai toujours rêvé d'aller à San Gimignano... quand j'y arrive enfin, sorte de déception : la réalité est inaccessible. Je n'arrive pas à toucher. L'image est trop forte. Elle est saturée. San Gimignano est une forteresse, et la beauté m'étouffe. Ne reste que le vent. Rien ne peut traduire ce vent... je ne sais pas comment on peut braquer une caméra sur le visage d'une mère qui vient de perdre son enfant. Suit le clip des funérailles de Bianca Leduc, une annonce pour le lait, deux c'est mieux. En première page du Métro, le quotidien le plus branché sur le monde, la même image, en gros plan, une colombe qui s'envole, et derrière elle la douleur de la mère. Et tout en haut de la page, "Céline au Centre Bell"... ici, dit mon ami — celui qui me parle de l'Afrique —, quand on accouche dans un taxi, on en revient pas et là-bas, le sac-poubelle, la terre-battue... ma fille veut une licorne toute blanche pour Noël... »

Octobre 2007
selon Sylvano Santini (25,8 Mo ; 28 min 10 s)

« ... si l'on parvenait à surmonter la contradiction du Che, l'histoire ne ferait-elle pas un pas en avant? Cette rengaine philosophique semble de mise pour comprendre quelque chose de ce saint pêcheur, de ce Christ tortionnaire, de cette star de la révolution, de cet objet de consommation d'une génération de t-shirt, de cet objet de lutte d'une génération de guérilleros latino-américains... le Che trouve peut-être sa véritable fin non pas dans l'Histoire, mais comme une histoire. Il a pour ainsi dire un fort potentiel diégétique. Que ce soit pour étayer le récit altermondialiste, pour séduire le monde du divertissement ou pour appuyer les doléances des victimes de la révolution cubaine, le Che sert à tout le monde... les dialogues qui suivent sont construits à la manière du sampling, incluant plusieurs ajouts personnels... »

Septembre 2007
selon André-Éric Létourneau (23,9 Mo ; 26 m)

Trois extraits musicaux tirés du Horspeil  « Ils » viennent : Khédive et Mamelouk, en un seul, sur son patron (tiré de la tétralogie de Horspeil « A », 1988-2008) sont présentés dans cette  émission. Il s'agit de « Indicatif spatial », « Septembre, mois de trahison » et « Dévorer la route ». Compositeur : Benjamin  Muon, tous droits réservés, SOCAN 2008. 

Merci aux interprètes qui ont contribué la réalisation de ces extraits musicaux!
Voix : Monique  Dumaine, Thérèse et les sept merveilles du monde et  Benjamin  Muon.
Synthétiseurs Doepfer (modules  A-110-115-118-120-124-130-138-142-145-147-156-160-171-174 et 180), Analogue Solutions (modules Emi Synthi Filter, VCA et VCA), Cwejman (Dual VC Transcient Generator), Plan B (Model 15 complex VCO), Korg (MS-20), Kurzweil (K2000) et Macintosh (Logic) joués par André Éric Létourneau. 

Coproduit par Diffusion Système Minuit du Québec http://www.systememinuit.com
Benjamin Muon sur My Space http://www.myspace.com/benjaminmuon
André Éric Létourneau (Benjamin Muon) dans le wikipedia anglais http://en.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_%C3%89ric_L%C3%A9tourneau

Août 2007
selon Ivan Maffezzini (35,3 Mo ; 38 min 31 s)
« ... découvrir que le détail contient le monde a été la révélation de ma vie. Cela m'a permis d'abandonner les grandes théories...
5 août 1962, 5 août 1906, 5 août 1400... Suis-je en train de faire une attaque en règle contre la religion ? Je dirais que non, car cette attaque je pourrais très bien la faire contre un rationalisme extrême, contre un discours technicien, contre un relativisme absolu. Au fond, je suis en train de voir s'il n'y a pas dans la religion un absolu dont on a plus besoin... »
Juillet 2007
selon Xavier Landes (25 Mo ; 36 min 20 s)
« ... j'ai habité pendant trois mois à Riga (en Lettonie)... ce que je suis allé y chercher - et c'est une recherche impossible -, c'est des bouts de ce passé soviétique, de ce passé communiste... cette expérience dans un dehors qu'est devenu mien m'a permis un retour réfléxif sur le Québec et le Canada... »
Juin 2007
selon Patrick Poirier (durée indéterminée)
« ... document à venir... »
Mai 2007
selon Jean-François Bourgeault (24,4 Mo ; 35 min 38 s)
« ... le Marché de la poésie... la compulsion de la publication... la disparition du sacré dans la poésie contemporaine -- c'est-à-dire, au sens strict, étymologique de sacer (ce qui est mis en retrait, gardé en secret, ce qui ne participe pas forcément du monde de la parution et de la comparution)... quel peut être le devoir de fidélité que l'on peut avoir envers Blanchot dans une époque qui tend à mettre de l'avant une nécessité de la grégarité, de la promiscuité?... »
Avril 2007
selon Sandrina Joseph (23,2 Mo ; 33 min 47 s)
« ... je ne suis pas quelqu'un qui aime l'actualité, qui lit les journaux, qui écoute les nouvelles... c'est l'ennuyant, le prévisible ou l'ordinaire qui m'intéresse plus que l'extraordinaire... parler du manque d'événement, du pas-digne-de-mention, c'est parler des femmes... de la littérature des femmes... on n'est pas obligé de partir à la recherche d'événements, comme s'il s'agissait d'une chasse au trésor... »
Mars 2007
selon Guillaume Fradette (20 Mo ; 29 min 3 s)
« ... j'avais eu la chance de voir Jean Baudrillard à l'émission de Bernard Pivot, j'avais à peine 19 ans, et j'avais été obnubilé, renversé par son discours qui ne ressemblait à rien de ce que j'avais connu jusque-là... la campagne électorale québécoise 2007 n'a pas eu lieu... nous gagnerions à écouter un peu plus les arbres, les rivières, les pauvres, les autochtones, les chats, les couchers de soleil... »
Février 2007
selon Éric Méchoulan (24,7 Mo ; 35 min 49 s)
« ... Haïti occupe quand même une place qui devrait être centrale dans l'histoire moderne... des vendeurs de téléphones portables qui pendaient en grappes sur leurs épaules comme des fruits exotiques... dans l'île d'à-côté, à Cuba, on est frappé par le contraste... ce roman parvient à donner une figure exacte du flou du temps et des voix... des dépossessions et des flottements qui font des individus de curieux furoncles sur les paperasses de l'autrefois et les ficelles de l'aujourd'hui... »
Janvier 2007
selon Michèle Delisle (17,8 Mo ; 25 min 52 s)
« ... entre ce "je" du dedans de l'atelier et ce dehors, imprenable, c'est-à-dire toujours m'échappant, en ce moment il y a l'espace de la vitre, comme je dirais l'espace de la peinture... ce givre me ramène temporairement à une marge où le présent est aboli... comment rester tout à fait tranquille alors que le début de janvier est chaud comme un printemps?... »
Décembre 2006
selon Jean Imbeault (24,5 Mo ; 35 min 37 s)
« ... ma première émotion du dehors, je crois qu'elle coïncide avec le moment où j'ai franchi seul, pour la première fois, la lisière nord de mon village et que je me suis retrouvé dans ce qui m'apparaissait alors comme la forêt... ce flot continu de discours confus, de commentaires biaisés, d'analyses tronquées, de débats supposés, nous injecte au goutte-à-goutte une petite peur permanente, une auto-censure fantôme, une sorte de tabou durable... c'est comme si l'importance réelle que l'on accorde encore, à Paris, aux valeurs culturelles et civiques s'associait étrangement à une stéréotypie caricaturale des discours... »
Novembre 2006
selon Martine-Emmanuelle Lapointe (11,5 Mo ; 16 min 43 s)
« ... la motion se lisait comme suit : "Les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni"... quelques mots aussi jolis et sincères que ceux inscrits dans les cartes Hallmark auront donc réussi à calmer le jeu... l'aliénation linguistique, culturelle, économique a un nouveau visage... »
Octobre 2006
selon Dominique Scarfone (20 Mo ; 29 min 11 s)
« ... la répétition, elle est là, sous nos yeux, tous les jours... ce qui se répète, c'est généralement ce qui n'a pas réussi à s'inscrire d'une façon qui soit signifiante, qui soit utilisable, pensable, qui puisse être interprétée dans un tissu historique, psychique, interhumain qui donne la possibilité non plus d'agir, mais d'une action... c'est là que je vois l'articulation possible entre ce que je fais tous les jours en tant que psychanalyste et ce que je vis comme citoyen... »
Septembre 2006
selon Étienne Beaulieu (9,7 Mo ; 14 min 6 s)
« ... il arrive la fusillade à Dawson et à peu près aucun intellectuel n'a pris la parole sur cet événement... Radio Spirale, c'est peut-être le moyen de parler de ce genre de choses... nous vivons dans une société ultra-pacifique, ultra-pacifiée, dans laquelle n'importe quel acte de violence a l'air d'un retour de la barbarie... ce traitement de l'événement violent est communautariste et religieux... »
Août 2006
selon Nicolas Lévesque (10,1 Mo ; 22 min 1 s)
Composition et interprétation à la flûte traversière : Véronique Lévesque
« ... cet interdit de séduire n'est pas un voile en tissu, mais un voile idéologique qui est au coeur des idéaux de nos institutions... quelque chose nous excite dans la guerre... pour la plupart des choses dans notre vie, l'adversaire n'est pas identifiable... peut-être que la destruction est une des formes de la curiosité humaine... »