Brèves
Les responsables du dossier Traduire, entre les langues, Marco Micone et Patrick Poirier, notent d’entrée de jeu que « dans le contexte de la mondialisation et de l’homogénéisation culturelle, l’“héritage” de Berman s’imposait, d’une certaine manière, à toute réflexion sur la traduction aujourd’hui (et plus particulièrement au Québec, dans le contexte géopolitique culturel qui lui est propre) ». C’est sur cet horizon de pensée qu’il faut placer — et déplacer — les questions auxquelles cherchent à répondre nos collaborateurs : « Mais qu’en est-il aujourd’hui? Quels sont les nouveaux enjeux de la traduction? Une traduction peut-elle être neutre? » Qu’il s’agisse de discuter des pensées de la traduction, de s’intéresser à des domaines aussi particuliers et divers que la traduction juridique et la traduction du poème, de situer la traduction dans le contexte de la globalisation et des disparités mondiales. Ou qu’il s’agisse d’examiner de près des traductions d’auteurs d’aujourd’hui ou des retraductions de « classiques », c’est toujours, pour citer les responsables du dossier, « cet espace incertain » qui est exploré, « ce manque étrange où s’opère, millénaire, le passage entre les cultures et les langues ». Théorie et pratique sont ici indissociables. Aussi le dossier s’ouvre-t-il aux témoignages de trois traducteurs-créateurs dont les expériences diverses mettent en valeur le « désir de traduire » (Anne-Catherine Lebeau), le « déplacement » (Marco Micone) et l’« intraduisible » (Michel van Schendel).
Comment ne pas être frappé par les croisements possibles entre les portfolios de ce numéro et le sujet du dossier? Sylvie Lacerte, dans les « palimpsestes photographiques et vidéographiques » de Dominique Paul, voit « naît [re] un rapport dialogique entre les figures imperturbables du passé et les corps chauds et mobiles du présent ». Pour sa part, Jean-Claude Rochefort, s’arrêtant au processus de « libre association entre des mots et des zones de couleur » utilisé par Louise Robert, propose : « Car au fond, ce qui compte, quand on y réfléchit un peu, ce sont les points de passage qui assurent le relais entre des mots et des zones de couleur. »
En citant une confidence que lui a faite Louise Robert à propos de l’influence déterminante sur elle de René Payant (« C’est lui qui m’a mise au monde »), Jean-Claude Rochefort évoque la figure de « ce flamboyant météore » et grand collaborateur de Spirale.Évocation fort pertinente! Nous nous apprêtons en effet, comme il le signale, à célébrer, en septembre, le vingt-cinquième anniversaire de notre magazine. Double célébration en fait, puisqu’en janvier-février 2005 nous publierons le 200e numéro. Chers amis, nous vous annoncerons les activités qui souligneront ces événements auxquelles vous serez conviés. Dès maintenant nous vous invitons au lancement (date, heure et lieu à préciser) du numéro de septembre-octobre dont le dossier, préparé par Catherine Mavrikakis et Jean-Claude Rocherfort, portera — et ce n’est pas qu’un hasard! — sur L’amour. Suivront les dossiers : Le corps (novembre-décembre; responsables : Danielle Fournier et Pierre L’Hérault); Les enseignements de la culture (janvier-février 2005; le comité de rédaction); Roman du XXIe siècle dans la francophonie (mars-avril 2005; Stéphan Gibeault et Eva Le Grand).
En espérant que nos choix de livres et de films vous seront utiles, nous vous souhaitons un excellent été.